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voir étudié autant auprès de Karajan que de Celibidache, c’est un comble ! C’est pourtant le cas du chef roumain Christian Mandeal (* 1946) qui, après s’être perfectionné sur le tard – à trente-trois ans – à Berlin avec le maestro berlinois, s’en fut à quarante-trois ans à Munich pour y recueillir les recommandations de son très-vénéré compatriote Celibidache qui a dû lui en sortir des vertes et des pas mûres sur Karajan.
Tout ça tandis qu’il travaillait déjà comme chef principal d’orchestres tels que Cluj puis Bucarest en Roumanie : c’est dire que le personnage, curieux de nature, ne s’est jamais laissé enfermer dans des certitudes bétonnées comme tant de jeunes « prodiges » « révélés » qui pensent tout connaître dès l’âge de 20 ans, d’autant plus que les agents et les critiques leur ménagent un pont en or – admirez, ma bonne dame, mon bon meussieu, c’est moâââââ qui ai « découvert » ce grand jeune génie. Point de tout cela chez Mandeal qui, tel le bon artisan, remet mille fois son ouvrage sur le métier.
Et il le vaut mieux, dans le cas des symphonies de Bruckner, en particulier celui de la Neuvième dont le format ne manque pas d’impressionner : trois mouvements, le premier et le troisième durant quelque 25 minutes ! Point de quatrième mouvement dans le présent enregistrement, même s’il en existe plusieurs versions reconstituées, « achevées », plus ou moins bien – la dernière en date étant celle du Belge Sébastien Letocart qui vaut d’ailleurs le détour, fin de la parenthèse – : Mandeal se borne à ce que le compositeur a achevé lui-même, et dirige donc le troisième mouvement au titre de dernier mouvement, puisque rien ne le suit hormis le silence. C’est là une conception radicalement différente de celle qu’il faudrait formuler si l’on dirigeait quatre mouvements, question d’agogie, naturellement.
Quant au lien entre Mandeal et Hallé : le chef en fut Chef invité principal jusqu’à la fin de la saison dernière. Et quel plus bel hommage à l’orchestre autant qu’à son maître Celibidache que de terminer avec l’ultime symphonie de Bruckner ! Détail des pistes :
BRUCKNER Anton
Symphonie n° 9 en ré mineur
1 - 1 I. Feierlich, misterioso [Solemn, mysterious] (25mn 53s )
1 - 2 II. Scherzo (Bewegt, lebhaft) [With lively movement] – Trio: Schnell [Fast] (9mn 41s )
1 - 3 III. Adagio (Langsam, feierlich) [Slow, solemn] (26mn )
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