Frais de port : 2,99 € par commande.
OFFERTS à partir de 55,00 € (en France métropolitaine).
Référence : 8120711F 0636943271124 - 1 CD Digipack : 60:55 - ADD - Enregistré entre 1937 et 1951 au Studio Melotoneà New York - Notes en français En vente sur ce site depuis le 29 novembre 2007 Date parution numérique : 4 septembre 2003
Pour commander par téléphone :
0892 259 770 (0,34 €/mn)
From Outside France (only) please dial +331 49269770 English spoken
I. Florence Foster Jenkins Enregistré entre 1941 et 1944 à New York
Air de la Reine de la Nuit
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : La Flûte enchantée
Serenata Mexicana (écrit pour Madame Jenkins) Valse caressante * (avec Louis Aberghini, flûte)
Cosme McMoon
La tabatière à musique
Anatole Liadov (1855-1914)
Like a Bird (Par. de Mme Jenkins - Compositeur inconnu)
Air des clochettes
Leo Delibes (1836-1891) : Lakmé
Charmant oiseau
Felicien David (1810-1876) : La perle du Brésil *
Avec Louis Aberghini, flûte
L'air d'Adèle
Johann Strauss II (1825-1899) : La Chauve-Souris : L'air du rire "Mon cher marquis"
Biassy (Par. de Alexandre Pouchkine - Mus. de J. S. Bach : Prélude XVI)
II. Chanteurs contemporains de Florence Foster Jenkins
Little Jack Horner (Arr. de J. Michael Diack, avec des excuses à Haendel) Alexander Kipnis, basse - Ernst Victor Wolff, piano Enregistré le 30 septembre 1940 à New York
Sing a Song of Sixpence (Albert Hay Malotte) John Charles Thomes, baryton - Carroll Hollister, piano Enregistré le 27 mai 1938 à Hollywood
Le beau Danube bleu, op. 314 (Johann Strauss II) Josephine Tumminia, soprano - Jimmy Dorsey & son orchestre Enregistré le 17 mars 1937 à Los Angeles
The Little Old State of Texas (Par. Sammy Cahn - Mus. Earl K. Brent) Ezio Pinza, basse - The Sons of the Pioneers Enregistré le 7 mai 1951 à Hollywood
The Fireman's Bride (Par. Dorothy Fields - Mus. Sigmund Romberg : Up in Central Park) Jeanette MacDonald, soprano - Robert Merrill, baryton Enregistré le 3 février 1945 à New York
The Song's Gotta Come from the Heart (Par. Sammy Cahn - Mus. Jule Styne)
Jimmy Durante & Helen Traubel, soprano Enregistré le 26 janvier 1951 à New York
A Real Piano Player (Jack Barnett)
Helen Traubel, soprano avec Jimmy Durante (aussi au piano) Enregistré le 26 janvier 1951 à New York
Thrill of a Romance : Please Don't Say No (Par. Ralph Freed - Mus. Sammy Fain, du film "Thrill of a romance") Lauritz Melchior, ténor avec orchestre & chœur Enregistré le 30 décembre 1944 à New York
Florence Foster Jenkins (1868-1944), soprano Cosme McMoon, piano
ée Foster puis épouse Jenkins, la soprano américaine fut d'abord pianiste et enseignante avant de se croire une chanteuse de talent.
Son absence totale de lucidité sur ses capacités vocales et musicales nous vaut ce témoignage unique et désopilant.
On admire l'accompagnement stoïque de son pianiste attitré, Cosme McMoon, qui essaie tant bien que mal de tenir la route...
Pour parfaire son ramage, elle apporta un soin particulier à son plumage : des tenues vestimentaires quelque peu farfelues (elle portait parfois des ailes), qu'elle dessinait souvent elle-même...
(c) Abeille Musique AMCD SARL. Tous droits réservés.
Reproduction interdite des données descriptives de ce produit et des textes de commentaires,
en tout partie, sans autorisation spécifique de Abeille Musique AMCD SARL
Ceux qui ont acheté ce produit ont également acheté :
Quel destin prodigieux… réussir, 60 ans après sa mort, à rester célèbre grâce à neuf arias enregistrées, en tout et pour tout, cela tient du prodige. Réussir, à l’âge de 76 ans, à remplir Carnegie Hall pour un unique récital de mélodies et d’airs d’opéras – le spectacle était complet des semaines à l’avance – alors que l’on ne sait ni attraper ni tenir une note, un tempo, un rythme, une mesure, une tonalité, ni soutenir le souffle, ni même chanter tout court, le tout dans une voix de crécelle rouillée, cela tient du miracle !
Et pourtant… c’est ce que sut faire Florence Foster Jenkins, sans doute la cantatrice la plus improbable de l’histoire.
Née en 1868, l’année de la mort de Rossini, Florence Foster exprima très tôt le désir d’étudier le chant à l’étranger. Son père, riche mais peut-être pas complètement sourd, s’y opposa mordicus, de sorte que la jeune femme s’enfuit à Philadelphie et épousa le docteur Frank Jenkins qui ne savait pas qu’à tout jamais il abandonnait là son nom à l’une des pires tortures musicales in saecula saeculorum. À la mort de son père, elle hérita suffisamment de jolis dollars pour se lancer dans une sorte de carrière qui lui permit de prendre des cours, de fonder une société Verdi, et même donner des récitals dès 1912.
Les rires soutenus dans l’auditoire du Ritz-Carlton de New York, dont elle louait la salle de bal pour ses apparitions annuelles, ne faisaient qu’enflammer sa conviction qu’elle était bien l’égale d’une Tetrazzini : n’était-ce pas la concurrence jalouse qui riait ainsi, et qui soudoyait des auditeurs afin qu’ils se moquassent ? De la sorte, Florence Foster Jenkins se persuada toute sa vie que seul son génie musical et théâtral attirait les foules de plus en plus nombreuses à ses célèbres récitals. Et non contente de remplir les oreilles des auditeurs de fausses notes, de râles, de sifflements, de glissades dangereuses, de hurlements, d’ululements, de couacs, de canards, de pains, elle s’affublait de costumes de son cru du plus extravagant loufoque : ailes d’anges (son costume de « L’ange de l’inspiration »), auréoles, tresses de fleurs, voiles multicolores… Le Gesamtkunstwerk, en quelque sorte, puisqu’elle chantait même des mélodies de sa propre composition.
Sa carrière connut son apothéose en octobre 1944, alors que ses amis – hummmm… gardez-moi de mes amis, dit la sagesse populaire, mes ennemis, je m’en occupe – la persuadèrent enfin de louer Carnegie Hall pour s’y produire en grande pompe. Le spectacle afficha complet des semaines à l’avance, tandis que les trafiquants revendaient pour 20 dollars les billets initialement vendus 2$ ; on refusa deux mille personnes au guichet, et un critique suggéra même que le prochain concert devrait avoir lieu à Madison Square Garden (quinze mille places, à cette époque…) pour satisfaire tout le monde. Hélas, un mois après ce mémorable récital, la Diva s’éteignait, à l’âge de 76 ans, sans doute persuadée que le monde perdait l’un de ses plus suaves rossignols.
Voire…
Et si l’on observait le phénomène de l’autre bout de la lorgnette ?
Cette malheureuse femme, tellement narcissique qu’elle en perdait toute capacité à s’observer avec un brin de recul, frustrée jusque dans le fond de son âme dès l’enfance de n’avoir pas été soutenue par son père, déchirée par le dédain de son mari et de ses amis qui lui conseillaient d’abandonner le chant avant qu’elle ne déclenche un nouveau déluge, ne s’est-elle pas réfugiée dans un histrionisme quasi-clinique qui l’a poussé à la recherche d’une reconnaissance, quelle qu’elle soit, quitte à se noyer dans le ridicule le plus abject ? En réalité, on peut aussi bien ne pas rire, pas rire du tout, en écoutant ces pitoyables noyades, témoignages pathétiques d’un mal-être catastrophique, d’une fuite en avant inexorable qui ne pouvait que se terminer en oblation, en sacrifice à un public en pleine Seconde guerre mondiale, avide de tout ce qui saurait l’amuser un peu, y compris dans la cruauté la plus abjecte. Car en réalité, ces enregistrements ont vraiment quelque chose d’ignoble, de l’ordre du voyeurisme vis-à-vis d’une déchéance humaine complète… Que Florence Foster Jenkins ait été persuadée de son génie impérissable ne change rien à la chose, au contraire : se moque-t-on ainsi d’un fou, quand bien même il se prend pour le pape ?
Soixante ans après la mort de Florence Foster Jenkins, ces enregistrements n’ont rien perdu de leur profond comique, comique bien involontaire, ni de leur pathétique tristesse.
Dès les années 50 sortaient les premières versions sur 78-tours de ses agissements, rééditées régulièrement pour le plus grand amusement de tout un chacun. Mais comme il n’existe en tout et pour tout que neuf arias enregistrées par la Diva du glissando – dans les années 40, l’apogée de sa carrière –, dont voici l’intégrale, Naxos a décidé d'ajouter huit airs de chanteurs et musiciens contemporains : Alexander Kipnis, Tomy Dorsey et son célèbre jazz-band, Robert Merrill, Lauritz Melchior, ainsi que l’inénarrable Jimmy Durante, comique, pianiste, comédien, gros pif, chanteur de cabaret, bref, l’artiste complet, le vrai.
Et le lien entre Florence Foster Jenkins et ces artistes, me demanderez-vous ? Strictement aucun, si ce n’est l’époque des enregistrements. Et qu’ils permettent de rire de bon cœur, grâce à de vrais artistes qui savent ne pas trop se prendre au sérieux, après avoir ri plus douloureusement aux gesticulations vocales un peu pathétiques de la « plus mauvaise cantatrice du siècle »…